Retrouvailles

Publié le 28 Avril 2013

La semaine passée aura été tout à fait spéciale.

 

Tout d’abord, vendredi soir, un hangar dans l’immeuble mitoyen de l’endroit où je vis a brûlé. Nous avons étés toute ma famille et moi tirés du lit jusqu’au milieu de la nuit le temps que les pompiers jugent notre foyer hors de danger. Heureusement, ma femme devait emmener mes deux garçons en vacances le lendemain et la valise était déjà prête. Voir de nuit un nuage noir parcouru de flammes au-dessus de son toit est tout de même impressionnant.

 

Cela me rappela d’autres souvenirs du Japon alors que j’y travaillais il y a plus d’une dizaine d’année. Je n’avais pas de compte bancaire là-bas et je recevais donc mon salaire en espèces. Je laissais évidemment mon enveloppe pleine d’argent dans mon appartement au 14ème étage. Jusqu’au jour où dans ma chambre, le fil permettant d’allumer la lampe du plafonnier se mit à se balancer avec une amplitude de plus d’un mètre lors d’un tremblement de terre. Depuis ce jour, même si je vivais en face d’une caserne de pompier, j’avais toujours sur moi la totalité de mon argent ainsi que mon passeport.

 

 

Japan-passport-yen.jpg 

 

La nuit fut courte. Le lendemain, alors que nous avions passé la moitié de la nuit abrité chez des voisins, j’allais donner cours à Herblay pendant que ma famille s’envolait vers le sud. Puis j’allais donner un stage à Paris sur l’invitation d’Arnaud Chiniard. Heureusement, j’étais accompagné par deux élèves qui m’empêchèrent de m’endormir pendant le trajet. J’ai découvert le Paris Aikido Club avec une surface de travail exceptionnellement confortable mais surtout de nombreux élèves attentifs et enthousiastes. Après m’être éclipsé rapidement pour cause de fatigue aigüe, je passais une nuit apaisante. On ne me croit pourtant jamais quand je dis que donner un cours est de loin beaucoup plus fatigant que d’y assister.

 

Le lendemain, profitant du beau temps, je me suis promené dans Paris, comme en suspension, sans but, pour la première fois depuis des lustres, sans échéance, sans rendez-vous, sans horaire ou objectif, simplement au hasard. Une sensation étrange et apaisante que j’essaie de conserver depuis car elle me permit de me retrouver pour un après-midi avec moi-même et de tout simplement prendre le temps, sans contrainte. J’en ai immédiatement ressenti les bénéfices physiques car mon corps s’est relâché de lui-même, ma position s’est rééquilibrée, ma marche allégée. Il est parfois bon de s’arrêter de penser et de voir la richesse du paysage.

 

 

Voltaire-01

 

 

Ma femme est rentrée le soir et nous avons pu redécouvrir que nous pouvions nous endormir en ayant la certitude que rien n’allait pouvoir troubler notre sommeil. Nous avons pu passer la semaine à faire des choses que nous avions laissées de côté. Mais si la maison était à la fois paisible et propre, les nuits calmes, nous avions les petits agitateurs prenant du plaisir au bord de l’eau tous les jours au téléphone.

 

Enfin, Tanguy est venu de Brest pour que nous animions un stage ensemble. Il n’a pas manqué comme à son habitude de venir avec sa couverture nuageuse et nous avons perdu 10°C à son arrivée. Mais immédiatement, la simplicité et la sincérité nous ont fait oublier le temps. Temps trop court passé sur les tatami à retrouver des sensations étudiées avec Maître Kuroda et Maître Hino, temps trop court à échanger et pratiquer. Il y a tellement de choses que j’ai envie de travailler mais le temps me manque, alors j’en oublie parfois des exercices essentiels comme le travail sur l’intention ou sur des attaques multiples.

 

 

Tanguy2

 

 

Trop souvent en Aikido, les exercices se résument à une attaque puis une réponse. Ceux qui se sont battus ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie savent bien que c’est rarement aussi simple. Il est donc nécessaire de pouvoir être en mesure de sortir des sentiers battus.

 

Après une soirée passée à parler... d’Aikido, nous avons repris l'entraînement avec les courageux du dimanche matin. Trop de choses à nous dire, le temps nous a manqué. Nous avons dû quitter Tanguy après un déjeuner sur le pouce duquel nous nous sommes enfuis pour aller chercher nos enfants à l’aéroport. Et nous retrouver tous un peu grandis de cette semaine intemporelle.

 

Demain c’est lundi, vivement Brest, que nous fêtions de nouvelles retrouvailles.

 

 

D28 Avril13

 

 

Rédigé par Issei Tamaki

Publié dans #Aïkido et Budo

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Grégory 30/04/2013 17:34


Merci à vous deux pour ce stage et merci aux élèves presents .


Ce fut un plaisir d'être la  , et une grande frustration de ne pas pouvoir assister au cours du dimanche matin . 


Belle découverte pour moi ce stage avec Tanguy . Et je parle autant de la personne que de sa pratique . 


Ce fut très agréable de travailler sous votre direction commune , car votre proximité , aussi bien personnelle , que dans vos recherches , à apporté quelque chose de supplémentaire à ce moment
d'aïki .


Bonne semaine et  au taïkaï 


Gregory

Issei Tamaki 02/05/2013 00:02



Cher Gregory, merci à toi d'être venu.


Tanguy est en effet un des rares sur lesquel je puis compter les yeux fermés...


Nous nous reverrons donc au Taikai avec plaisir ;-)!


Issei